Crime Canada

Atteinte à la vie privée : lois et peines au Canada

Découvrez les lois canadiennes sur l'atteinte à la vie privée et les peines prévues. Comprenez ce qui constitue une interception illégale de communications.

Rédaction de Crime CanadaPublié

Invasion of Privacy Laws

L'atteinte à la vie privée, prévue à la partie VI du Code criminel du Canada, vise l'interception clandestine de communications privées au moyen de dispositifs électroniques, acoustiques, mécaniques ou autres. Cette infraction, classée sous le code DUC 3750 et énoncée à l'article 184 du Code criminel, est une infraction mixte : elle peut être poursuivie par voie de mise en accusation ou par procédure sommaire. En termes simples, une personne commet le crime d'atteinte à la vie privée au Canada lorsqu'elle écoute, enregistre ou capte intentionnellement les conversations privées d'autrui sans consentement valable ni autorisation légale.

La définition juridique

« Est coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans quiconque, au moyen d'un dispositif électromagnétique, acoustique, mécanique ou autre, intercepte volontairement une communication privée. » (Code criminel, art. 184)

« Communication privée » s'entend de toute communication orale ou de toute télécommunication dont l'auteur se trouve au Canada, ou destinée par celui-ci à une personne qui s'y trouve, et qui est faite dans des circonstances telles que son auteur peut raisonnablement s'attendre à ce qu'elle ne soit pas interceptée par un tiers.

Accusé ou visé par une enquête? Consultation gratuite →

Concrètement, l'article 184 du Code criminel criminalise l'utilisation de tout dispositif (par exemple un micro caché, une écoute électronique ou un appareil d'enregistrement spécialisé) pour capter secrètement les conversations ou messages privés d'une autre personne. Les éléments clés sont : (1) un dispositif doit être utilisé, (2) la communication doit être une « communication privée » et (3) l'interception doit être faite volontairement, et non par accident. Une « communication privée » désigne tout appel téléphonique, appel vidéo, conversation en personne captée par un dispositif d'écoute, texto ou télécommunication semblable, lorsque l'auteur croit raisonnablement que seul le destinataire visé l'entendra ou la recevra.

La partie VI du Code criminel (Atteintes à la vie privée) vise principalement à encadrer la surveillance électronique et à protéger le droit à la vie privée au Canada. Elle ne s'applique pas seulement aux particuliers qui s'espionnent entre eux : elle impose aussi des règles strictes sur la façon dont la police et les autres agents de l'État peuvent intercepter des communications privées, exigeant généralement une autorisation judiciaire préalable. Le texte officiel et les dispositions connexes peuvent être consultés directement sur le site Web Lois de la Justice : Article 184, partie VI – Atteintes à la vie privée.

Peines et cadre de détermination de la peine

Comme l'atteinte à la vie privée prévue à l'article 184 est une infraction mixte, le procureur de la Couronne choisit de procéder par mise en accusation (plus grave) ou par procédure sommaire (moins grave). Ce choix dépend largement de la nature de l'interception, du degré de planification et de sophistication, de la durée de l'espionnage, du nombre de personnes touchées et du lien éventuel avec d'autres crimes comme le harcèlement, la fraude ou l'utilisation non autorisée d'ordinateur. Par exemple, une interception ponctuelle aux conséquences relativement limitées pourrait être traitée par procédure sommaire, tandis qu'une opération de surveillance prolongée ou motivée par des fins commerciales sera plus vraisemblablement poursuivie par mise en accusation.

Lorsque la Couronne choisit de procéder par mise en accusation, le contrevenant encourt une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement. Comme il n'y a pas de peine minimale obligatoire, le juge dispose d'une grande latitude. Le tribunal peut ainsi tenir compte des facteurs atténuants (comme un plaidoyer de culpabilité, l'absence de casier judiciaire ou un incident isolé et impulsif) et des facteurs aggravants (comme l'abus d'une position de confiance, des interceptions répétées ou à grande échelle, l'utilisation d'équipement sophistiqué ou un préjudice important pour les victimes). L'absence de peine minimale ouvre aussi la porte, dans les cas appropriés, à des peines sans incarcération, comme la probation, l'ordonnance de sursis (lorsque la loi le permet) ou l'amende.

À l'inverse, lorsque la Couronne procède par procédure sommaire, l'affaire est considérée comme moins grave, avec des peines maximales moins élevées et une procédure judiciaire généralement plus rapide et plus simple. Le tribunal examine tout de même les mêmes enjeux de vie privée et les répercussions sur les victimes, mais peut imposer des peines d'emprisonnement plus courtes, des amendes ou des peines purgées dans la collectivité. Fait important, même les atteintes « mineures » à la vie privée sont prises au sérieux par les tribunaux, car elles minent l'attente raisonnable des Canadiens que leurs conversations et communications ne soient pas interceptées en secret.

Moyens de défense courants

Exemple concret

Prenons ce scénario : une personne installe secrètement un dispositif d'écoute dans un bureau privé afin d'entendre les conversations entre collègues à leur insu. Le dispositif est caché dans une tuile du plafond et relié à un récepteur situé dans une autre pièce, où la personne peut écouter et enregistrer les discussions. Les collègues croient raisonnablement que leurs conversations dans ce bureau sont privées, puisqu'il s'agit d'un espace fermé, non ouvert au public.

Dans cette situation, la conduite correspond parfaitement à l'infraction d'atteinte à la vie privée au Canada prévue à l'article 184. Un dispositif d'écoute mécanique ou électronique est utilisé pour intercepter des communications orales privées; leurs auteurs se trouvent au Canada et s'attendent raisonnablement à ce que personne d'autre que l'interlocuteur visé dans la pièce ne les entende. Rien n'indique qu'une des parties aux conversations ait consenti à l'interception. L'interception est donc clandestine et non autorisée. Une fois alertée (par exemple par une victime qui découvre le dispositif), la police obtiendrait vraisemblablement un mandat pour saisir le dispositif et les enregistrements. S'il est accusé, l'auteur pourrait être poursuivi pour une infraction mixte : la Couronne pourrait procéder par mise en accusation, vu le caractère délibéré et continu de l'espionnage, avec une peine pouvant atteindre cinq ans d'emprisonnement, ou par procédure sommaire dans un cas moins grave. Le tribunal examinerait de près des facteurs comme le nombre de personnes touchées, la durée de l'interception et tout préjudice ou usage abusif des renseignements qui en a découlé.

Suspensions du casier (pardons)

Une déclaration de culpabilité pour atteinte à la vie privée en vertu de l'article 184 est inscrite au casier judiciaire, ce qui peut avoir de graves conséquences à long terme sur l'emploi, l'immigration, l'accès aux ordres professionnels et les voyages. Au Canada, une personne peut demander à la Commission des libérations conditionnelles du Canada une suspension du casier (communément appelée pardon) après avoir purgé sa peine et être restée sans démêlés avec la justice pendant la période d'attente requise. Puisqu'il s'agit d'une infraction mixte, la période d'attente dépend du mode de poursuite choisi par la Couronne :

Si la personne a été déclarée coupable par procédure sommaire, elle peut généralement présenter une demande de suspension du casier 5 ans après avoir purgé toutes les composantes de sa peine (y compris l'emprisonnement, la probation et le paiement des amendes, suramendes ou dédommagements). Si elle a été déclarée coupable par mise en accusation, la période d'attente est généralement de 10 ans après que la peine a été entièrement purgée. Pendant cette période, la personne doit éviter toute nouvelle activité criminelle et faire preuve d'un comportement respectueux des lois. Une fois la suspension du casier accordée, la déclaration de culpabilité pour atteinte à la vie privée est classée à part des autres dossiers criminels dans la plupart des vérifications officielles, ce qui en réduit considérablement les effets, bien que certaines limites et exceptions puissent s'appliquer (par exemple, lors de vérifications pour le secteur vulnérable).

Infractions connexes

Ensemble, ces infractions s'inscrivent dans un cadre plus large de lois canadiennes sur la vie privée et d'infractions liées aux communications, visant à protéger les personnes contre la surveillance intrusive, l'usage abusif de la technologie et l'accès illégal à leurs communications personnelles.

Signaler un problème avec cette page

Une erreur, une photo à retirer, une personne retrouvée, une interdiction de publication? Dites-le-nous. Si quelqu’un est en danger, composez le 911.

Nous utilisons votre courriel seulement pour répondre à ce signalement.

À lire aussi

Guides des infractions

Refus d'obtempérer à un ordre d'alcootest - Canada

Découvrez l'infraction de refus d'obtempérer à un ordre de fournir un échantillon d'haleine après un accident mortel lié à l'alcool, y compris ses conséquences juridiques et les peines prévues au Canada.

Les alertes de votre province, dans votre boîte

Un résumé chaque lundi, et si vous voulez, un courriel dès qu’une personne est portée disparue ou recherchée près de chez vous. Gratuit, désabonnement en un clic.